Sur les planches, à Deauville.

Publié le par mamido55

Ma participation à "Une photo, quelques mots" n°44, sur un photo de Romaric Cazeaux proposée par Leiloona.

Les ombres du passé.

deauville

 

« - Tu sais, je n’ai rien oublié… » murmura Prune, sur le ton de la confidence, à l’adresse de sa sœur aînée, assise à ses côté sur les planches au bord de la plage.

« - Moi non plus, je me rappelle même de chaque instant de cet été-là. » ajouta Amélie, le regard se perdant dans l’immensité de l’océan.

                                                                                                       

Dans le souvenir des deux vieilles dames, la plage se peupla soudain des ombres du passé. 

 

Un passé désormais révolu où leur jeunesse avait resplendi sous le soleil de Juillet.

 

Un été où la rencontre d’un jeune homme à la beauté solaire avait fait chatoyer celle-ci d’avantage et où les doux mots de miel qu’il avait prononcés à leurs oreilles avaient fait fondre leurs cœurs. Un été dont ni le temps, ni une vie pourtant bien remplie pour l’une comme pour l’autre n’était parvenu à ternir le souvenir qu’elles en gardaient.

 

« - Ce qu’il pouvait être beau, tout de même ! » reprit Prune d’un air gourmand.

« -  Tu peux le dire… et quel baratineur ! » soupira Amélie.

« - Bon danseur, avec ça ! » ajouta Prune.

 

A cette heure matinale, la plage était encore déserte, les parasols et les matelas n’avaient pas encore été déployés. L’air était serein comme le silence qui s’était installé entre les deux sœurs.

 

« - Je n’ai jamais compris pourquoi il avait disparu si brusquement. Il semblait pourtant se plaire en notre compagnie… » fit remarquer Prune.

« - Oui, je suis sûre qu’il se plaisait bien avec nous. » affirma Amélie.

« - Je me suis toujours demandée… » poursuivit Prune « … s’il était resté, laquelle de nous deux aurait-il choisi ? »

« - Tu ne t’es jamais dit que c’était pour ça qu’il était parti ? » rétorqua, de manière énigmatique, Amélie à sa cadette de onze mois à peine « … parce qu’il ne pouvait pas choisir ?! »

 

Cette réponse plongea Prune dans un abîme de perplexité dont elle ne sortit que de longues minutes plus tard pour répondre à sa sœur.

 

« - Je n’avais jamais envisagé les choses sous cet angle. Finalement, si c‘est ça, il vaut peut-être mieux qu’il ait disparu sans donner de nouvelles… »

 

Amélie n’ajouta rien. Elle repensait à cet après-midi où, pendant que sa sœur folâtrait parmi les vagues,  le jeune homme, sous le parasol avait pris sa main et où elle l’avait repoussé, la mort dans l’âme. Elle ne pensait qu’au désespoir de sa jeune sœur de se voir écartée ainsi et d’avoir à supporter leur relation sous son nez. Elle avait estimé alors que le jeu n’en valait pas la chandelle. Et aujourd’hui encore, elle ne regrettait rien.

Le lendemain d’ailleurs, le jeune homme avait disparu et jusqu ‘à ce jour, les deux soeurs n’en avaient jamais reparlé.

 

Mamido, le 3 Juillet 2012

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Cardamone 04/07/2012 16:10

Oui, c'est vraiment très joli.

chanone 03/07/2012 19:11

très jolie histoire ! j'adore ! bonne soirée ;)