Les dix mots 2013

Publié le par mamido55

Ce matin, "Les Bricoleurs de mots" dans le cadre des dix mots de la francophonie 2013 ont animé un atelier d'écriture pour les adhérents de la médiathèque Louis Aragon, à Rive de Gier (42).

Peu de participants (hormis les Bricoleurs) mais beaucoup de chaleur et d'intérêt de la part de ceux qui avaient osé franchir le pas. Et quel pied d'écrire au milieu des livres!

Logo-rallye avec les dix mots 2013 auxquels nous avions rajouté les trois mots d'Albert Camus sélectionné par Rhône-Alpes.

 

Un étranger à tes noces.

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Je suis cet étranger qui se présenta le jour de tes noces.

 

Celui qui resta, humble et discret, au fond de l’église durant toute la cérémonie.

 

Mais aussi, celui qui vint se poster devant toi, sans aucune gêne, ni aucun respect vis-à-vis de ton mari, alors que tous les deux, vous remontiez l’allée centrale.

 

Je vrillai alors mes yeux dans les tiens.

Pauvre fou désespéré ! Qu’est-ce que j’espérais donc à ce moment ? Qu’en un unique regard, le coup de foudre te frapperait, comme il m’avait frappé moi-même, la veille au soir, lorsque tu étais passée, resplendissante,  devant mon atelier.

 

A mon apparition, tu as protégé ton visage dans ton bouquet et tu es restée plantée là, interdite et troublée.

Ni toi ni moi n’avons réagi aux questions de ton mari, à ses demandes de plus en plus pressantes. Pas plus qu’à sa colère lorsque, finalement, il m’a demandé de foutre le camp.

 

Durant tout ce temps, je cherchais à capter ton attention mais tu refusais obstinément de me regarder, ton beau visage noyé dans les fleurs.

 

Il a fallu toute une équipe des hommes de la famille pour m’écarter de votre chemin.

Leur nombre, leur force ne nécessita aucun savoir-faire pour me jeter et me maintenir à terre, avec en prime, quelques coups de pied fort inutiles.

 

Durant ma chute, j’eus le temps de t’apercevoir une dernière fois, de dos, au bras de ton époux.

Jusqu’à ce que tu disparaisses au bas des marches, je gardai l’espoir que tu te retournerais pour voir ce qu’il advenait de moi. Mais non.

 

Maintenant, ils m’ont lâché. Tout le monde est parti.

Je reste seul avec ma peine.

 

Je ne sais rien de toi, ni ton nom, ni même d’où tu viens. Comme beaucoup de citadines, tu avais choisi notre petite église rustique et campagnarde juste pour donner à ton mariage son cachet d'authenticité . Et je doute qu’après l’esclandre que j’ai déclenché, Monsieur le Curé veuille me donner le moindre renseignement à ton sujet.

Je n’ai donc aucun espoir de te revoir, jamais.

Voilà !

Mamido, le 16 Février 3013

Publié dans Bricoleurs de mots

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