La porte bleue.

Publié le par mamido55

En regardant la photo de Toncrate publiéé par les "Impromptus littéraires" cette semaine.

La porte bleue.

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              Crédit photo Toncrate (Impromptus littéraires)

 

Laquelle ?

 

Celle de Pagnol au pied du Baou ? Le petit Marcel la franchissait avec sa mère et toute sa famille pour raccourcir le chemin qui menait au cabanon des vacances grâce à la clé fournie par le fontainier, ancien élève de son père… La peur de la mère devant les gros chiens du gardien, la honte du père de s’être fait prendre en flagrant délit d’infraction… Et le château dans le fond…

Mais tout cela, Pagnol l’a déjà si bien raconté !

 

La porte de Leforestier, alors ? Celle de la maison bleue, accrochée à la colline de San Francisco, remplie d’amitié, de rires, de rêves et de chansons. Celles où des jeunes gens pleins d’espoir et de promesse, venaient de tous horizons vivre un moment intense et riche en expériences inoubliables.

Mais toute cette histoire, Maxime l’a déjà si bien chantée !

 

La mienne à côté fait pâle figure…

 

C’est une petite porte peinte en bleu, là-haut, tout au fond du jardin de mon frère.

On y grimpe à pied, il n’y a pas de clé juste une énorme targette qu’il faut longuement secouer avant qu’elle ne s’ouvre, dans d’affreux grincements.

 

Comme celle de Pagnol, elle sert de raccourci.

Pour se rendre au village.

On traverse un petit bois de chênes et l’on passe, non pas devant un château mais devant une grande ferme pleine d’animaux et d’impressionnantes machines.

Avec mes nièces, lorsqu’elles étaient petites, nous y allions chercher le lait et les œufs, assister à la traite des vaches le soir et voir éclore les poussins sous la grosse lampe chauffante.

Certaines nuits d’été, les gros engins dans les champs faisaient entendre d’étranges bruits et lançaient dans le ciel des lueurs vagabondes qui effrayaient les petites.

 

On l’emprunte de moins en moins actuellement. Seulement certains dimanches, pour une petite balade digestive après un bon repas de famille.

Les filles, quant à elles, préfèrent passer par la route, elles ont plus de chance d’y rencontrer leurs copains et de se faire emmener au village en mobylette ou en voiture.

Ce qui n’empêche pas mon frère, chaque printemps consciencieusement, amoureusement, de repeindre la petite porte en bleu.

 

Mamido, le 27 Septembre 2012.

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