Florilège de l'été (5)

Publié le par mamido55

Un texte publié aux Impromptus avec pour incipit le titre d'un roman de Kate Atkinson.

 

Fin de l’histoire…  

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« Parti tôt, pris mon chien. »

 

Je n’ai pas tout de suite vu le petit mot, déposé à mon intention, sur la table du salon.

 

Après avoir abandonné mon sac et mon manteau, dans l’entrée, je me suis dirigée vers la cuisine où j’ai rempli d’eau et mis en marche la bouilloire afin de me préparer un bon thé.

Au bureau, la journée avait été rude et j’avais encore l’esprit encombré par toutes ces affaires restées en suspens et qu’il me faudrait régler dès demain matin.

Pendant que l’eau chauffait, je me suis dirigée vers la salle de bain où je me suis fait couler un bain, puis, vers la chambre, pour m’y déshabiller.

C’est lorsque j’ai fait coulisser les portes du dressing, pour y prendre mon peignoir, que j’ai constaté que les étagères et la penderie, de son côté, étaient entièrement vides.

 

C’est alors, que j’ai pris conscience, soudainement, du silence inhabituel qui régnait dans l’appartement et que, totalement accaparée par mes soucis professionnels, je  n’avais pas encore ressenti.

 

Incrédule, j’ai refait le chemin en sens inverse. Vide son étagère dans la salle de bain, plus de rasoir, disparus l’aftershave à l’enivrante senteur de vétiver ainsi que ses moelleuses serviettes de bain, faites broder par mes soins à ses initiales.

Machinalement, je me suis assise sur le rebord de la baignoire et j’ai arrêté l’eau.

 

Dans l’entrée, son imper, son chapeau mou ainsi que la laisse du chien, qui étaient toujours mollement suspendus à la patère, avaient disparu. Comment avais-je pu ne pas m’en apercevoir en entrant ?!

Dans la cuisine, apparemment, il  avait tout laissé… sauf la gamelle de toutou et ses paquets de croquettes.

 

Abasourdie, je me suis dirigée dans le salon, vers le canapé où je me suis effondrée.

Mes yeux incrédules ont découvert peu à peu le vide qu’il avait laissé parmi les livres et les CD. Puis mon regard s’est enfin posé sur la table basse où trônait, à côté du double des clés de l’appartement, ce petit mot énigmatique, mais finalement sans équivoque, qu’il avait rédigé de sa belle écriture large et ronde, sur un bristol d’un gris élégant et raffiné.

 

Le message dans une main, le regard dans le vague, tous le corps et les sentiments comme anesthésiés, j’ai entendu résonner ma voix dans l’appartement partiellement vidé…

« Parti tôt, pourquoi tôt ? Parti suffisait. »

 

De toute façon, tôt ou tard, peu importait.

Cela devait arriver, je l’avais toujours su. Nos vies étaient trop incompatibles, lui, le photographe dilettante et moi, la femme d’affaire surbookée. Tôt ou tard, cela devait cesser.

 

Alors, du fond de mon esprit, émergea l’idée que dans toute cette histoire, finalement, celui que je regretterais le plus, c’était le chien !

 

Mamido, 14 Mai 2011

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