"Et au milieu coule une rivière..."

Publié le par mamido55

En réponse à la consigne n°213 du "Défi du Samedi".

Le bout du monde.

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C’est une longue bande de terre au confluant de deux rivières. Un petit camping ombragé. Les nuits y sont humides et froides. Au petit matin, quand le soleil se lève, la rivière fume et la rosée s’évapore dans les prairies alentours.

 

Cet endroit est le paradis des pêcheurs à la mouche dont les gestes amples et majestueux remplissent toujours d’admiration ceux qui prennent le temps de les regarder. Tout autour coule la rivière et ils en sont les rois, là, en plein milieu.

Les autres anges de ce paradis sont les petits enfants qui, tranquilles dans les rochers, attrapent les têtards, dénichent les écrevisses et décapsulent les vers d’eau, à longueur de journée.

 

Avant de devenir un enfer pour ces mêmes enfants lorsqu’ils grandissent.

Car, bizarrement, si cet endroit calme, tranquille, où il ne se passe jamais rien de particulier, convenait tout à fait à leur vivacité débordante d’énergie de petits, il n’est plus du goût du tout des ados à l’immobile passivité qu’ils sont devenus. Soudain, il faut à ceux-ci de l’animation, beaucoup d’animation pour parvenir à étourdir leur déprime chronique.

Alors, ils se mettent à cracher sur ce qu’ils ont adoré et dans leur bouche dédaigneuse, ce merveilleux bout du monde devient « le trou du c.. du monde ».

Ils s’y ennuient, deviennent moroses, vous mènent une vie infernale.

Il convient alors d’avoir la sagesse de s’éloigner pour un temps de cet endroit paradisiaque pour regagner des lieux de villégiature plus communs et consensuels.

 

Mais rassurez-vous, c’est un sacrifice de quelques années seulement.

Car lorsque cet âge fini et un jour, il finit, c’est un fait, on peut regagner sans crainte le paradis perdu et même, très souvent, en leur compagnie. Le temps passant les verra même y retourner sans vous et y emmener leur progéniture.

 

Car c’est bien connu, on revient toujours à ses premières amours. Même s’il faut se rendre jusqu’au bout du monde pour les y retrouver !

 

Mamido, le 28 Septembre 2012

Publié dans Défi du Samedi

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